[Entrent LES TROIS REINES, avec les cercueils de leurs royaux CHEVALIERS, en solennité funèbre.]
[CHANT.]
Apportez les urnes et les parfums.
Soupirs, vapeurs, assombrissez le jour.
Que notre tristesse semble plus sépulcrale que le sépulcre !
Baumes et résines, cris de désolation,
Fioles sacrées remplies de larmes,
Clameurs volant dans l’air effaré,
Prodiguez-vous, signes de deuil solennel,
Qui êtes les ennemis du plaisir à l’œil vif !
Nous ne convoquons ici que les douleurs.
TROISIÈME REINE.
— Ce chemin funèbre mène à votre tombeau de famille : — Puisse la joie vous être rendue !… Que la paix dorme avec lui !
DEUXIÈME REINE.
— Votre tombeau de famille est de ce côté !
PREMIÈRE REINE.
— De celui-ci est le vôtre. Les cieux nous prêtent — mille chemins différents pour un même but inéluctable.
TROISIÈME REINE.
— Ce monde est une cité pleine de rues divergentes ; — et la mort est la place publique où chacune se rencontre.
[Elles sortent par divers côtés.]