Acte I

Scène V.

[Une plaine près de Thèbes.]
[Entrent LES TROIS REINES, avec les cercueils de leurs royaux CHEVALIERS, en solennité funèbre.]
[CHANT.]
Apportez les urnes et les parfums. Soupirs, vapeurs, assombrissez le jour. Que notre tristesse semble plus sépulcrale que le sépulcre ! Baumes et résines, cris de désolation, Fioles sacrées remplies de larmes, Clameurs volant dans l’air effaré, Prodiguez-vous, signes de deuil solennel, Qui êtes les ennemis du plaisir à l’œil vif ! Nous ne convoquons ici que les douleurs.
TROISIÈME REINE.

— Ce chemin funèbre mène à votre tombeau de famille : — Puisse la joie vous être rendue !… Que la paix dorme avec lui !

DEUXIÈME REINE.

— Votre tombeau de famille est de ce côté !

PREMIÈRE REINE.

— De celui-ci est le vôtre. Les cieux nous prêtent — mille chemins différents pour un même but inéluctable.

TROISIÈME REINE.

— Ce monde est une cité pleine de rues divergentes ; — et la mort est la place publique où chacune se rencontre.

[Elles sortent par divers côtés.]