Je vois que je ne puis pas gagner l'amitié de ton père. Cesse donc de me renvoyer à lui, chère Nan.
Hélas! comment donc faire?
Aie le courage d'agir par toi-même. Il m'objecte ma trop grande naissance; il prétend que je cherche seulement à réparer au moyen de ses richesses le désordre mis dans ma fortune. Il me cherche encore d'autres querelles. Il me reproche les sociétés désordonnées où j'ai vécu; il me soutient qu'il est impossible que je t'aime autrement que comme un héritage.
Peut-être qu'il dit vrai.
Non; j'en jure devant le ciel sur tout mon bonheur à venir. Il est vrai, je l'avouerai, la fortune de ton père fut le premier motif qui m'engagea à t'offrir mes soins; mais, en cherchant à te plaire, je te trouvai d'un bien plus grand prix que l'or monnoyé, ou les sommes pressées dans des sacs; et ce n'est plus qu'à la fortune de te posséder que j'aspire maintenant.
Mon cher monsieur Fenton, ne vous lassez pas pourtant de rechercher la bienveillance de mon père: monsieur Fenton, recherchez-la toujours. Si l'empressement et les plus humbles prières ne peuvent rien, eh bien, alors, écoutez un mot....
Dame Quickly, rompez leur colloque: mon parent désire parler pour son compte.
Allons, il faut que je fasse ici mon coup. En avant, il ne s'agit que d'oser.
Ne vous effrayez pas, neveu.
Oh! elle ne m'effraye pas; je ne m'inquiète pas de cela, si ce n'est que j'ai peur.
Ecoutez donc, monsieur Slender voudrait vous dire deux mots.
Je suis à lui dans l'instant. C'est celui que choisit mon père. (A part.) Quelle foule de défauts disgracieux et ridicules sont embellis par trois cents livres de rente!
Et comment se porte le cher monsieur Fenton? Un mot, je vous prie.
Elle vient. Ferme, cousin. O mon garçon! tu avais un père....
J'avais un père, mistriss Anne. Mon oncle peut vous dire de bons tours de lui.--Mon cher oncle, je vous conjure, racontez à mistriss Anne l'histoire des deux oies que mon père vola dans une basse-cour.
Mistriss Anne, mon neveu vous aime.
Oui, je vous aime autant que j'aime aucune autre femme du comté de Glocester.
Il vous entretiendra conformément à votre qualité.
Je vous en réponds. Robe longue ou robe courte Note 1Come curt and long tail, viennent courte et longue queue. C'est-à-dire, viennent des gens obligés de couper la queue à leur chien, et de ceux qui ont le droit de la lui laisser longue: ce qui était une des marques distinctives des différentes classes. , personne, dans le rang d'écuyer, ne m'en revaudra.
Il vous donnera cent cinquante livres de douaire.
Mon bon monsieur Shallow, laissez-le faire sa cour lui-même.
Vraiment, je vous en remercie; je vous remercie de cet encouragement. Cousin, elle vous appelle: je vous laisse.
Eh bien! monsieur Slender?
Eh bien! mistriss Anne?
Expliquez vos volontés.
Mes volontés, c'est là un vilain discours à entendre, vraiment: la plaisanterie est bonne. Grâce au ciel, je n'ai pas encore songé à les mettre par écrit, mes volontés; je ne suis pas si malade, grâce au ciel.
Je demande seulement, monsieur Slender, ce que vous me voulez?
Quant à moi, en mon particulier, je ne vous veux rien, ou peu de chose. Votre père et mon oncle ont fait quelques arrangements; si cela réussit, à la bonne heure, sinon, au chanceux la chance. Ils peuvent vous dire mieux que moi comment les choses vont. Tenez, demandez à votre père: le voilà qui vient.
Eh bien! cher Slender! Aime-le, ma fille Anne.--Comment, qu'est-ce que c'est? Que fait ici M. Fenton? C'est m'offenser, monsieur, que d'obséder ainsi ma maison. Je vous ai dit, ce me semble, que j'avais disposé de ma fille.
Monsieur Page, ne vous fâchez pas.
Mon bon monsieur Fenton, cessez d'importuner ma fille.
Elle n'est point faite pour vous.
Monsieur, voudrez-vous m'écouter?
Non, mon cher monsieur Fenton.--Entrons, monsieur Shallow; mon fils Slender, entrons.--Instruit comme vous l'êtes de mes vues, vous me manquez, monsieur Fenton.
Parlez à mistriss Page.
Chère mistriss Page, aimant votre fille d'une façon aussi honorable que je le fais, je crois devoir soutenir mes prétentions sans reculer, malgré les obstacles, les rebuts et les procédés désobligeants. Accordez-moi votre appui.
Ma bonne mère, ne me mariez pas à cet imbécile.
Ce n'est pas mon intention: je vous cherche un meilleur époux.
C'est le docteur, mon maître.
Hélas! j'aimerais mieux être enterrée vivante, ou assommée à coups de navets Note 2Bow'd to death with turnips. .
Allons, ne vous chagrinez pas. Monsieur Fenton, je ne serai ni votre amie, ni votre ennemie. Je saurai de ma fille si elle vous aime, et ce que j'apprendrai à cet égard déterminera mes sentiments. Jusque-là, adieu, monsieur: il faut que Nancy rentre; son père se fâcherait.
Adieu, ma chère madame; adieu, Nan.
C'est mon ouvrage.--Comment, ai-je dit, voudriez-vous sacrifier votre enfant à un imbécile ou à unmédecin? Voyez-vous, monsieur Fenton?--C'est mon ouvrage.
Je te remercie, et je te prie, ce soir, de trouver le moment de donner cette bague à ma chère Nan: voilà pour ta peine.
Va, que le ciel t'envoie le bonheur! Quel bon coeur il a! Une femme passerait à travers l'eau et le feu pour servir un si bon coeur. Mais pourtant je voudrais que mon maître obtint mistriss Anne, ou je voudrais que M. Slender l'obtint; ou, en vérité, je voudrais que ce fût M. Fenton. Je ferai mon possible pour tous les trois; car je l'ai promis, et je tiendrai ma parole; mais spécieusement Note 3Elle veut dire spécialement. à M. Fenton.--Mais nos dames m'ont donné une autre commission pour le chevalier sir John Falstaff. Quelle bête je suis de m'amuser ici.