Troïlus, lâche Troïlus, montre donc ta tête!
Troïlus, dis-tu? où est Troïlus?
Que lui veux-tu?
Je veux le châtier.
Je serais le général que tu m'arracherais ma dignité avant que je te laissasse ce soin... Troïlus! dis-je; Troïlus!
O traître Diomède! tourne ton visage perfide, traître, et paye-moi ta vie, que tu me dois pour m'avoir enlevé mon cheval!
Ah! te voilà?
Je veux le combattre seul, arrête, Diomède.
Il est ma proie; je ne veux pas vous regarder faire.
Venez tous deux, Grecs perfides Note 1Græcia mendax. (Cicéron.) , voilà pour tous les deux.
Ah! c'est toi, Troïlus! oh! bien combattu, mon jeune frère.
Enfin, je t'aperçois.—Allons, défends-toi, Hector.
Arrête, si tu veux.
- Je dédaigne ta courtoisie, orgueilleux Troyen. Tu es heureux que mes armes soient hors d'usage; ma négligence et mon repos te servent en ce moment, mais bientôt tu entendras parler de moi; en attendant, va, suis ta fortune.
Adieu. Je t'aurais offert un adversaire plus frais et plus dispos, si je t'eusse attendu. [(Troïlus paraît.)] Eh bien! mon frère?
Ajax a pris Énée. Le souffrirons-nous? Non, par les feux de ce ciel glorieux, il n'emmènera pas son prisonnier; je serai pris aussi, ou je le délivrerai.—Destin, écoute ce que je dis: peu m'importe que ma vie finisse aujourd'hui.
Grec, arrête: tu es un beau but.—Non, tu ne veux pas? Je suis épris de ton armure; je veux la briser et en faire sauter toutes les agrafes jusqu'à ce que j'en sois maître. [(L'autre fuit.)] Tu ne veux pas rester, animal? Eh bien! fuis donc, je vais te faire la chasse pour avoir ta dépouille.