— Je voudrais maintenant vous demander comment vous trouvez la pièce. — Mais, ainsi qu’un écolier qui ne sait que dire, — j’ai une cruelle frayeur. De grâce pourtant, demeurez une minute, — que je vous regarde ! Personne ne sourit ? — Alors ça va mal, je le vois. Que celui qui — a aimé une belle jeune fille, montre son visage !… — (Il serait étrange que nul ici ne fût dans ce cas…) Et, s’il veut agir — contre sa conscience, qu’il siffle et ruine — notre marché !… C’est en vain, je le vois, qu’on essayerait de vous retenir. — Eh bien, tant pis ! à votre guise !… Que dites-vous maintenant ?… — Ah ! ne vous méprenez pas sur ma pensée, je ne suis pas un insolent. — Nous n’avons nulle raison d’être outrecuidants. Si le conte que nous vous avons conté, — (car ce n’est qu’un conte), vous satisfait aucunement, — (comme il vous est présenté dans cette honnête intention), — nous avons atteint notre but ; et avant peu nous vous en conterons, — j’ose le dire, de meilleurs encore pour prolonger — vos vieilles sympathies pour nous. Nous et tout notre zèle — nous restons à votre service. Messieurs, bonne nuit !
Fanfares.
fin des deux nobles parents (Note 1(15) La légende de Palémon et Arcite avait été transportée sur la scène anglaise, longtemps avant l’apparition du drame signé de Shakespeare et de Fletcher. Les manuscrits de Wood nous apprennent que, « quand la reine Élisabeth visita Oxford en 1566, elle entendit un soir la première partie d’une pièce intitulée Palámon ou Palémon et Arcite, composée par M. Richard Edwards, gentleman de la chapelle royale, et jouée avec grand succès à Christ Church Hall. » Un accident arriva au commencement de la représentation ; un tréteau, chargé de monde, s’effondra, et trois personnes furent tuées — un étudiant de Mary’s-Hall, un brasseur et un cuisinier. Malgré cette catastrophe, la reine n’en fit pas moins continuer la représentation ; sa majesté manifesta même une hilarité inaccoutumée, en riant de tout cœur jusqu’à la fin de la pièce qui pourtant n’était pas comique. — Plus tard, en septembre 1594, un autre ouvrage également intitulé Palémon et Arcite fut joué quatre fois à Newington Butts par les troupes réunies du lord chambellan et du lord amiral.).