ACTE CINQUIÈME

SCÈNE III

[La grande rue de Windsor.]
[Entrent MISTRISS PAGE, FORD ET le DOCTEUR CAIUS.]
MISTRISS PAGE.

Monsieur le docteur, ma fille est en vert. Dès que vous trouverez votre moment, prenez son bras, menez-la au doyenné, et hâtez la cérémonie. Entrez toujours dans le parc: il faut que nous deux nous nous y rendions ensemble.

CAIUS.

Je sais ce que je dois faire. Adieu.

MISTRISS PAGE.

Bon succès, docteur. (Il sort.) Mon mari se réjouira moins du tour qu'on prépare à Falstaff, qu'il ne se fâchera du mariage de Nancy avec le docteur. Mais n'importe. Mieux vaut une petite gronderie qu'un grand crève-coeur.

MISTRISS FORD.

Où est Jean avec sa troupe de lutins? et Hugh, notre diable gallois?

MISTRISS PAGE.

Ils sont tous accroupis dans une ravine voisine du chêne de Herne, avec des lumières cachées. Au moment où Falstaff viendra nous joindre, il les feront tous à la fois briller au milieu de la nuit.

MISTRISS FORD.

Il est impossible qu'il ne soit pas effrayé.

MISTRISS PAGE.

S'il n'est pas effrayé, au moins sera-t-il honni; et s'il s'effraye, il sera mieux honni encore.

MISTRISS FORD.

Nous le conduisons joliment dans le piége.

MISTRISS PAGE.

Pour punir de tels libertins et leurs vilains désirs, un piége n'est pas une trahison.

MISTRISS FORD.

L'heure approche. Au chêne, au chêne.

[(Elles sortent.)]