ACTE QUATRIÈME

SCÈNE II

T.
[oujours à Venise]

Une rue.

[Entrent PORTIA et NÉRISSA.]
PORTIA.

Demande où est la maison du Juif; donne-lui cet acte à signer. Nous partirons ce soir, et nous arriverons un jour avant nos maris.--Cet acte sera fort bien reçu de Lorenzo.

[(Entre Gratiano.)]
GRATIANO.

Mon beau monsieur, soyez le bien retrouvé. Le seigneur Bassanio, après de plus amples réflexions, vous envoie cette bague et vous invite à dîner.

PORTIA.

Je ne le puis. J'accepte sa bague; dites-le-lui ainsi de ma part, je vous prie.--Enseignez, de plus, je vous prie, encore à ce jeune homme la demeure du vieux Shylock.

GRATIANO.

Je vais vous l'indiquer.

NÉRISSA.

Monsieur, je voudrais vous dire un mot. [(A Portia.)] Je veux essayer si je pourrai ravoir de mon mari la bague que je lui ai fait jurer de conserver toujours.

PORTIA.

Tu y parviendras, je t'en réponds.--Ils vont nous faire des serments de l'autre monde, qu'ils ont donné leurs bagues à des hommes; mais nous leur tiendrons tête, et leur en donnerons le démenti. Allons, dépêche-toi; tu sais où je t'attends.

NÉRISSA.
[à Gratiano]

Venez, mon bon monsieur. Voulez-vous me montrer cette maison?

[(Ils sortent.)]