ACTE QUATRIÈME

SCÈNE VI

[Une rue près de la porte de la ville.]
[Entrent ISABELLE ET MARIANNE.]
ISABELLE.

Parler avec tous ces détours me répugne: je voudrais dire la vérité; mais c'est votre rôle à vous de l'accuser ouvertement. Cependant il me conseille de le faire, et dit que c'est pour cacher un but avantageux.

MARIANNE.

Laissez-vous guider par lui.

ISABELLE.

Il me dit encore que si par hasard il parle contre moi en faveur de l'autre, je ne le trouve pas étrange: c'est un remède, dit-il, qui est amer pour en venir à la douceur.

MARIANNE.

Je voudrais que le frère Pierre...

ISABELLE.

Oh! silence, le religieux est arrivé.

[(Entre un religieux.)]
LE RELIGIEUX.

Venez, je vous ai trouvé une très-bonne place, où vous serez sûres que le duc ne pourra pas passer sans que vous le voyiez; les trompettes ont déjà retenti deux fois; les plus nobles et les plus notables citoyens ont pris possession des portes, et le duc ne va pas tarder à entrer; ainsi, partons, allons nous-en.