Du secours, milord de Norfolk! Du secours! du secours! Le roi a fait des prodiges au-dessus des forces d'un homme. Il brave audacieusement tous les dangers. Son cheval est tué, et il combat à pied, cherchant Richmond jusque dans le sein de la mort. Du secours, cher lord, ou la bataille est perdue!
Un cheval! un cheval! Mon royaume pour un cheval!
Retirez-vous, seigneur, et je vous ferai trouver un cheval!
Lâche, j'ai joué ma vie sur un coup de dés, j'en veux courir les risques.--Je crois en vérité qu'il y a six Richmond sur le champ de bataille; j'en ai déjà tué cinq pour celui que je cherche! Un cheval! un cheval! mon royaume pour mon cheval!
Louange à Dieu, et à vos armes, victorieux amis! La journée est à nous; ce chien sanguinaire est mort.
Vaillant Richmond, tu as bien rempli ton rôle. Tiens, j'ai arraché, pour en orner ta tête, du front inanimé de ce misérable couvert de sang, la couronne qu'il a si longtemps usurpée. Porte-la, possède-la et connais-en tout le prix.
Grand Dieu du ciel, je dis amen à tout cela.--Mais, avant tout dites-moi, le jeune George Stanley est-il vivant?
Oui, milord; il est sain et sauf à Leicester, où nous pouvons, si vous voulez, nous retirer à présent.
Quels hommes de marque ont péri dans l'autre armée?
John, duc de Norfolk, Walter, lord Ferrers, sir Robert Brakenbury et sir William Brandon.
Qu'on les enterre avec les honneurs dus à leur naissance.--Qu'on proclame le pardon pour les soldats fugitifs qui reviendront se soumettre à nous, et ensuite, comme nous en avons pris l'engagement sacré, nous réunirons enfin la rose blanche et la rose rouge.--Puisse le ciel si longtemps irrité de leurs haines, sourire à la beauté de leur union! Quel est le traître qui pourrait m'entendre, et ne pas dire amen? Longtemps l'Angleterre en délire s'est déchirée elle-même; le frère a versé aveuglément le sang de son frère; le père dans son emportement massacrait son fils, et le fils était forcé de devenir l'assassin de son père, tous divisés par les détestables divisions d'York et de Lancastre. O qu'aujourd'hui enfin, Richmond et Élisabeth, légitimes héritiers des deux maisons royales, s'unissent ensemble de l'aveu de l'Éternel! Et que leurs successeurs (grand Dieu! si c'est ta volonté) donnent aux générations à venir le riche présent de la paix au doux visage, de la riante abondance, et des beaux jours de la prospérité! fais tomber, ô Dieu bienfaisant, l'épée des traîtres qui voudraient ramener ces jours meurtriers, et faire verser à la pauvre Angleterre des ruisseaux de larmes sanglantes. Qu'ils ne vivent pas pour jouir de la prospérité de leur patrie, ceux qui voudraient par la trahison déchirer ce beau pays; enfin les plaies de la guerre civile sont fermées, et la paix revit. Puisse-t-elle vivre longtemps! ô Dieu, dis-nous amen.