ACTE CINQUIÈME

SCÈNE III

La scène est toujours en Angleterre

Un champ de bataille.

Alarmes

Entrent LE ROI JEAN ET HUBERT.

LE ROI JEAN.

Comment la journée tourne-t-elle pour nous? Oh! dis-le-moi, Hubert.

HUBERT.

Mal, j'en ai peur. Comment se trouve Votre Majesté?

LE ROI JEAN.

Cette fièvre, qui me tourmente depuis si longtemps, m'accable tout à fait. Oh! mon coeur est malade.

(Entre un messager.)
LE MESSAGER.

Seigneur, votre brave cousin, Faulconbridge, prie Votre Majesté de quitter le champ de bataille, et de lui faire savoir par moi la route que vous prendrez.

LE ROI JEAN.

Dis-lui du côté de Swinstead, à l'abbaye de ce lieu.

LE MESSAGER.

Ayez bon courage: le puissant secours que le dauphin attendait ici a fait naufrage, il y a trois nuits, sur les sables de Godwin. Cette nouvelle vient à l'instant même d'être apportée à Richard. Les Français combattent mollement, et commencent à se retirer.

LE ROI JEAN.

Hélas! cette cruelle fièvre me consume et ne me laisse pas la force de jouir de cette heureuse nouvelle. Marchons vers Swinstead; qu'on me mette à l'instant dans ma litière: la faiblesse s'est emparée de moi, et je me sens défaillir.

(Ils sortent.)