un soldat vient à eux.]
Plaise aux dieux que cette journée soit heureuse pour Antoine!
Je voudrais à présent en avoir cru tes conseils et tes blessures, et n'avoir combattu que sur terre.
Si vous l'aviez fait, les rois qui se sont révoltés, et ce guerrier qui vous a quitté ce matin, suivraient encore aujourd'hui vos pas.
Qui m'a quitté ce matin?
Qui? quelqu'un qui était toujours auprès de vous. Appelez maintenant Énobarbus, il ne vous entendra pas; ou du camp de César il vous criera: Je ne suis plus des tiens.
Que dis-tu?
Seigneur, il est avec César.
Ses coffres, son argent, il a tout laissé, seigneur.
Est-il parti?
Rien n'est plus certain.
Éros, va; envoie-lui son trésor: n'en retiens pas une obole, je te le recommande. Écris-lui, je signerai la lettre; et fais-lui mes adieux dans les termes les plus honnêtes et les plus doux: dis-lui que je souhaite qu'il n'ait jamais de plus fortes raisons pour changer de maître.—Oh! ma fortune a corrompu les coeurs honnêtes.—Éros, hâte-toi.